Vers un nouveau partage

15 Oct

cyclistes

Alors que l’été semble se terminer abruptement, on ne peut que constater à quel point cette saison de cyclisme urbain a été d’une grande richesse en événements de tous genres. En fait, pour recentrer sur Montréal un phénomène national et même mondial, de nombreux signes prouvent que le vélo prend une nouvelle place dans les villes et que ce phénomène trouve de plus en plus d’appuis parmi ceux qui les façonnent et les administrent. La force du nombre.

Début août, le mythique magazine branché américain Wired se demandait si les vélos devaient vraiment être traités comme les autos, en ville.

Posée sans complexes, la question est scrutée par Wired sous plusieurs angles et engendre des réflexions qui feront grincer des dents aux défenseurs du code-pour-tous :

« Il a été observé que les feux et les panneaux de circulation ne devraient pas s’appliquer aux cyclistes, dans la mesure où ce ne sont pas des inventions liées à la sécurité mais à la fluidité du trafic, particulièrement du trafic motorisé. Puisqu’une bicyclette, conduite avec prudence et jugement, ne saurait créer d’embouteillages, il en découle qu’elle ne devrait pas avoir à obéir à ces ordres de circulation. À part pour ce qui est de rouler du bon côté de la chaussée, pourquoi les cyclistes devraient-ils se plier à la loi des automobiles ? »

Pour en revenir à une vision montréalaise du partage de la rue entre les vélos et les autos, je vous recommande l’écoute de cette intervention radiophonique de François Cardinal (La Presse) dans l’émission de René Homier-Roy. Entre autres choses, le journaliste remet en perspective le mythe du cycliste comme cause fréquente d’accidents.

Rappelons que, l’an dernier, un groupe de 200 cyclistes liés au mouvement Montréal à vélo avait manifesté de manière spectaculaire contre la violence et l’omniprésence de l’automobile, mimant en plein centre-ville la mort de leur communauté.

Ailleurs, on pointe du doigt les structures inadéquates, comme c’est le cas de la piste cyclable de la rue Saint-Urbain ou de celle du pont Jacques-Cartier, où de nombreux accidents traduisent l’urgence d’adapter convenablement les parcours – j’en profite pour saluer mon amie Sandra qui garde les marques d’un périple estival traumatisant !

En restant dans ce même secteur, je passe rapidement sur le cas du circuit Gilles-Villeneuve pris puis rendu aux cyclistes au début de l’été.

Hors des consultations publiques sur l’avenir du vélo urbain, certains Montréalais se sont même laissé aller à imaginer de nouvelles façons de valoriser le plan de la ville en y traçant de nouvelles pistes. C’est le cas de mon ami Sébastien Chion, qui a soumis ce dossier aux différents partis municipaux montréalais et à Équiterre, en espérant que sa suggestion soit sérieusement considérée.

Nous vivons sans aucun doute un cap de l’histoire de nos villes, une prise de conscience qui modifiera la donne pour les décennies à venir en remettant en avant tout ce que l’hégémonie automobile avait peu à peu occulté. Pour ne parler que de la place du vélo, des solutions toutes neuves surgissent de partout et font parfois irruption dans la vraie ville. New York – qui connait son lot de défis en matière de circulation – ne vient-elle pas d’inaugurer une piste cyclable en plein milieu d’une avenue très fréquentée ?