À vous, la Belgique…

3 Déc

Belgique
Pour promouvoir le code de la rue en toute connaissance de cause, il était nécessaire d’obtenir le témoignage direct de ceux qui se prévalent au quotidien d’une législation comparable, le point de vue du quidam belge. Préférablement du cycliste, puisque c’est à lui que ce code fait vivre le plus de changements.

Il y a quelques semaines, j’ai donc cherché une communauté de citoyens/cyclistes belges susceptibles de répondre aux questions suivantes : Ont-ils constaté de réels changements depuis l’application du code de la rue ? En bien ou en mal ? Ce code a-t-il été largement médiatisé ? Est-il respecté ? Les contrevenants reçoivent-ils des amendes ? A-t-on constaté une incidence sur le nombre et la gravité des accidents ? Finalement, ce code pourrait-il réellement inspirer d’autres pays ?

Mes recherches m’on conduit vers un forum francophone centré sur le région de Liège et nommé La Belgique à vélo.

Un cycliste de la région wallonne – que je remercie s’il lit ce blogue -, répond à mes interrogations en expliquant que le code a été adopté alors que les écologistes étaient partie prenante dans la coalition du gouvernement fédéral. Depuis 2004, les remaniements politiques, les tiraillements entre les paliers gouvernementaux et l’asymétrie entre les différentes régions, ont ralenti le déploiement de ce programme.

Le code de la rue belge n’est donc pas la révolution urbaine qu’on aurait pu imaginer, pour la simple raison qu’il n’est suffisement soutenu ni par la loi, ni par les infrastructures. Mais à l’échelle de la rue, les choses avancent. Lentement.

L’esprit du code est notamment défendu par une association locale solide nommée GRACQ, pour Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens.

GRACQ« L’objectif de l’association est de favoriser l’usage utilitaire du vélo. […] En Wallonie et à Bruxelles, le GRACQ intervient auprès des pouvoirs publics et privés en vue d’obtenir pour les cyclistes des conditions de circulation et de stationnement plus sûres et plus commodes. […] Il milite avant tout en faveur du vélo comme véritable mode de déplacement. Il ne s’occupe donc pas de compétition cycliste ni sur route ni en tout terrain. [Il organise] des circuits et des événements, dans un but essentiellement éducatif et de sensibilisation. Le GRACQ organise aussi des formations à vélo dans le trafic destinées à apprendre aux personnes sachant déjà rouler à vélo comment oser prendre sa place dans le trafic, en conduite défensive, tout en connaissant et en respectant le code de la route. »

En attendant de pouvoir en tirer un modèle collectif au Québec, on lira avec curiosité Ville à vélo, leur revue mensuelle, consultable en ligne. Et comme le numéro de décembre 2008 parle de Toulouse et de Barcelone, on se prend à espérer qu’on y parle un jour de Montréal ou de Québec !

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L’exemple belge

21 Nov

Le code de la rue belge

À ma connaissance – et j’aimerais assez être contredit sur ce point – la Belgique est le seul pays a avoir propulsé un code de la rue jusqu’au plan législatif. L’ensemble des dispositions, en application depuis 2003, peut être consulté dans un document largement diffusé dans le Plat pays, ainsi qu’en ligne, sous forme d’un PDF (voir la page des liens)

Saluons au apssage l’effort du législateur pour rendre ce projet réellement accessible à ceux à qui il est destiné… c’est-à-dire tout le monde.

On y trouve l’exposé de nouveaux aménagements urbains qui pourraient laisser perplexes l’usagé non averti : zones de rencontre, trottoirs traversant, coussins, sens uniques limités et autres panneaux fraîchement ajoutés au code de la route. Suivent les comportements attendus selon les catégories d’usagers : le conducteur, le piéton, le patineur à roulettes et son ami en trottinette, le cycliste, le cyclomotoriste (une espèce enfin en voie de développement chez nous), et le motocycliste. On peut imaginer que les conducteur de bus et autres professionnels du volant ont eu droit à leur propre briefing.

Attention toutefois aux quelques différences de vocabulaire, charmantes mais pas toujours limpides pour nous ! Personnellement, j’adopte volontiers l’appellation d’usager doux, mais le capitaine de route me laisse songeur…

En tout cas, ce document est la meilleure des preuves pour qui douterait de la faisabilité d’un code de la rue en 2008.