Vélo + hiver + Montréal

18 Fév

Traditionnellement, ce blogue connait chaque hiver un ralentissement – pour ne pas dire une hibernation – parce que la cause des piétons et des cyclistes est, comme on dit, sur la glace.

Pourtant, toute l’activité extérieure de nos villes ne meurt pas en novembre pour renaître en avril : l’hiver, les piétons piétonnent et les plus courageux cyclistes parcourent les rues glaciales à leurs risques et périls.

Dans la rubrique Opinions du portail Branchez-Vous!, la journaliste indépendante Cécile Gladel relance ce matin le débat sur le cyclisme urbain en hiver, s’appuyant sur plusieurs faits concrets qui prouvent la volonté qu’ont certains mordus de pédaler en toutes saisons… et leur frustration de ne pas pouvoir le faire, tant à cause de l’inadaptation des infrastructures que de l’immobilisme des mentalités.

À Montréal, la pratique sécuritaire du vélo en hiver est-elle un mythe? Probablement pas, si les chaussées sont déneigées, si la largeur des rues permet de côtoyer les autos, si la température n’est pas extrême, si les cyclistes et leurs montures sont correctement équipés, si les automobilistes les distinguent… et ne s’amusent pas à tester leur stabilité, si les pistes cyclables sont dégagées (ce qui n’est pas le cas actuellement)… Presque autant de si que d’incompréhension mutuelle entre les usagers munis d’un moteur et leurs homologues à pédales.

Malgré tout, plusieurs milliers de Montréalais parcourent quotidiennement leur ville à vélo, et pas seulement par de belles journées comme ce 18 février.

J’attire en particulier votre attention sur cet article du Devoir qui compare Montréal à Copenhague, une autre ville nordique, en matière de désautomobilisation urbaine. Il y a probablement de l’inspiration à chercher de ce côté-là.

Bonne fin d’hiver, avec ou sans moteur!


Le code de la rue prend forme à Strasbourg

21 Nov

L’édition régionale du quotidien français Libération nous apprend aujourd’hui que Strasbourg, une ville de 280 000 habitants déjà qualifiée de première ville cyclable de France, est sur le point d’adopter le code de la rue.

Présenté par le maire socialiste, le projet en est à son ultime phase d’étude et de nombreuses propositions originales ont déjà été envisagées. L’article ne précise pas la date de décision, mais il est clair que la cause avance. Il faut noter que Strasbourg est une ville d’histoire, et que la favorisation des modes de transport « doux » s’inscrit aussi dans le souci de valorisation du patrimoine.

Nous garderons donc un œil sur ce qui se passe chez nos camarades alsaciens…


Chers aspirants maires…

21 Oct

je vote
Pour profiter du momentum politique, je viens d’envoyer le courriel suivant aux cinq principaux partis en lutte pour la mairie de Montréal aux élections de ce 1er novembre .

Madame, Monsieur,

En cette période préélectorale, il est temps d’attirer votre attention sur une cause qui nous tient à cœur.

Nous, habitants de Montréal, réclamons l’instauration d’un code de la rue, inspiré par celui que la Belgique a adopté en 2003, et par ceux qui sont actuellement à l’étude en France et dans plusieurs autres pays.

Ces dernières années, les institutions et les citoyens du Québec ont su montrer une attitude progressiste face aux grands enjeux écologiques, économiques, ainsi qu’aux questions de santé et de sécurité publiques du XXIe siècle.

Nous pensons qu’il est temps d’adopter une législation adéquate pour encadrer et responsabiliser les usagers des villes : piétons, cyclistes, automobilistes, professionnels des transports. En appliquant le principe de prudence du plus fort au plus faible, nous voulons en finir avec la loi du plus fort qui favorise l’automobile au détriment des autres modes de déplacement.

Les objectifs du code de la rue :

–  favoriser le développement des transports alternatifs urbains (marche, vélo, jogging, patin, planche à roulettes, etc.);

–  compléter le code de la route, conçu pour les automobiles et imposé à tous;

–  rendre aux piétons et aux cyclistes leur place dans la ville;

–  créer un sentiment de sécurité pour inciter les cyclistes potentiels à s’approprier leur ville;

–  réduire le nombre d’accidents;

–  favoriser l’activité physique;

–  réduire les émissions de gaz polluants;

–  améliorer le dialogue et le respect entre les divers usagers des villes;

–  rationaliser le nombre d’automobiles en ville;

–  valoriser nos agglomérations en réduisant le volume de véhicules motorisés;

–  affirmer un choix de société positif et durable;

–  confirmer le rôle de précurseur du Québec.

Nous ne considérons pas le code de la rue comme une solution-miracle, mais comme une mesure positive pour rendre nos métropoles plus humaines, en parallèle avec le déploiement des réseaux cyclable et piétonnier, le développement des transports en commun, l’incitation au covoiturage, etc.

L’instauration d’un tel code implique une démarche de concertation, une législation adaptée et de légères adaptations des infrastructures urbaines. Outre les bénéfices économiques et sociaux, ce code pourra se lire comme une réponse à la question « que voulons-nous faire de nos villes »?

Le code de la rue est un complément du code de la route, il implique les citoyens comme les institutions.

Nous avons la conviction que votre appui actif, en tant que représentant de la collectivité, peut faire la différence en relayant les attentes des Québécois.

Veuillez agréer, cher aspirant à la mairie de Montréal, l’expression de nos plus cordiales salutations.

[suivent quelques liens en rapport avec le projet]

* * *

En tant que simple citoyen, vous pouvez, vous aussi, envoyer vos doléances aux partis : ils sont justement en mode « promesses » !

Union Montréal : info@unionmontreal.com
Vision Montréal : info@visionmtl.com
Projet Montréal : http://www.projetmontreal.org/contact
Fierté Montréal : info@fiertemontrealpride.com
Parti Montréal : louise.osullivan@partimontrealvillemarie.ca

Je vous tiendrai au courant des réponses… si elles semblent pertinentes. Et n’oubliez pas d’aller voter !


Vers un nouveau partage

15 Oct

cyclistes

Alors que l’été semble se terminer abruptement, on ne peut que constater à quel point cette saison de cyclisme urbain a été d’une grande richesse en événements de tous genres. En fait, pour recentrer sur Montréal un phénomène national et même mondial, de nombreux signes prouvent que le vélo prend une nouvelle place dans les villes et que ce phénomène trouve de plus en plus d’appuis parmi ceux qui les façonnent et les administrent. La force du nombre.

Début août, le mythique magazine branché américain Wired se demandait si les vélos devaient vraiment être traités comme les autos, en ville.

Posée sans complexes, la question est scrutée par Wired sous plusieurs angles et engendre des réflexions qui feront grincer des dents aux défenseurs du code-pour-tous :

« Il a été observé que les feux et les panneaux de circulation ne devraient pas s’appliquer aux cyclistes, dans la mesure où ce ne sont pas des inventions liées à la sécurité mais à la fluidité du trafic, particulièrement du trafic motorisé. Puisqu’une bicyclette, conduite avec prudence et jugement, ne saurait créer d’embouteillages, il en découle qu’elle ne devrait pas avoir à obéir à ces ordres de circulation. À part pour ce qui est de rouler du bon côté de la chaussée, pourquoi les cyclistes devraient-ils se plier à la loi des automobiles ? »

Pour en revenir à une vision montréalaise du partage de la rue entre les vélos et les autos, je vous recommande l’écoute de cette intervention radiophonique de François Cardinal (La Presse) dans l’émission de René Homier-Roy. Entre autres choses, le journaliste remet en perspective le mythe du cycliste comme cause fréquente d’accidents.

Rappelons que, l’an dernier, un groupe de 200 cyclistes liés au mouvement Montréal à vélo avait manifesté de manière spectaculaire contre la violence et l’omniprésence de l’automobile, mimant en plein centre-ville la mort de leur communauté.

Ailleurs, on pointe du doigt les structures inadéquates, comme c’est le cas de la piste cyclable de la rue Saint-Urbain ou de celle du pont Jacques-Cartier, où de nombreux accidents traduisent l’urgence d’adapter convenablement les parcours – j’en profite pour saluer mon amie Sandra qui garde les marques d’un périple estival traumatisant !

En restant dans ce même secteur, je passe rapidement sur le cas du circuit Gilles-Villeneuve pris puis rendu aux cyclistes au début de l’été.

Hors des consultations publiques sur l’avenir du vélo urbain, certains Montréalais se sont même laissé aller à imaginer de nouvelles façons de valoriser le plan de la ville en y traçant de nouvelles pistes. C’est le cas de mon ami Sébastien Chion, qui a soumis ce dossier aux différents partis municipaux montréalais et à Équiterre, en espérant que sa suggestion soit sérieusement considérée.

Nous vivons sans aucun doute un cap de l’histoire de nos villes, une prise de conscience qui modifiera la donne pour les décennies à venir en remettant en avant tout ce que l’hégémonie automobile avait peu à peu occulté. Pour ne parler que de la place du vélo, des solutions toutes neuves surgissent de partout et font parfois irruption dans la vraie ville. New York – qui connait son lot de défis en matière de circulation – ne vient-elle pas d’inaugurer une piste cyclable en plein milieu d’une avenue très fréquentée ?


La « Sainte-Cath » aux piétons

17 Sep

piétons

C’est le scoop du jour de La Presse : la rue Sainte-Catherine devrait devenir piétonne entre l’avenue Papineau et la rue De Bleury. Le bilan de la piétonnisation du tronçon Berri-Papineau, évoqué sur ce blogue en mai, fait état d’une satifaction globale des commerçants, des résidents et des touristes. C’est bien sûr une excellente nouvelle pour tous ceux qui espèrent retrouver un centre-ville à visage humain.

Bien entendu, la proximité des élections n’est pas étrangère à cette annonce, mais il faut reconnaître qu’elle s’inscrit dans une tendance générale qui dépasse largement l’échelle de notre île…

D’autre part, une étude dévoilée récemment par le maire Tremblay confirme la faisabilité et la rentabilité d’un réseau de tramway à Montréal, une autre façon intéressante de garantir l’accès au centre-ville tout en réduisant la présence automobile.


Les Montréalais veulent moins de voitures en ville

13 Sep

embouteillage

Pour rester dans l’esprit « En ville sans ma voiture ! », voici les résultats d’un sondage tout frais, commandé à Léger Marketing par le Conseil régional de l’environnement de Montréal et portant sur l’approbation des Montréalais à l’égard de diverses mesures environnementales (pdf).

Ce qu’on y lit conforte l’impression que les Montréalais souhaitent de plus en plus changer les choses – du moins théoriquement. En quatre questions, on apprend sans réelle surprise qu’ils sont favorables à de nouveaux accès pour la baignade, pour la protection des espaces verts et contre le chauffage au bois. Mais ce qui retient mon attention et pave la route à l’adoption d’un code de la rue, c’est que 86% des 576 répondants sont en faveur de l’adoption de mesures permettant une réduction des véhicules circulant sur l’île de Montréal. 86%, c’est plus de huit sur dix, ce qu’on appelle une écrasante majorité. Pourquoi cette majorité ne parvient-elle pas encore à obtenir ce qu’elle souhaite ?

Les élections municipales auront lieu le 1er novembre, ce pourrait être le bon moment pour faire bouger les choses. J’espère d’ailleurs avoir le temps de détailler sur ce blogue les programmes de chaque parti pour confronter la vision des candidats à la mairie en matière de transports et d’écologie urbaine.


Journée – et semaine – En ville sans ma voiture !

8 Sep

EVSMV

Organisée par l’Agence Métropolitaine de Transport, la septième édition de la journée En ville sans ma voiture ! aura lieu le mardi 22 septembre. Le thème de l’année est « Bienvenue dans la ville sans voitures », et l’événement s’est doté d’un jovial porte-parole en la personne de l’humoriste Laurent Paquin.

La philosophie de cette journée est tellement proche de ce qui sous-tend le code de la rue que je ne pouvais la passer sous silence. En fait, je ne résisterai même pas à la tentation de vous livrer des extraits de la mission, telle qu’on peut la détailler sur le site officiel :

L’objectif est de favoriser une réflexion commune et de contribuer à faire changer durablement les comportements en faveur de modes de transports collectifs et alternatifs.

Les transports étant responsables de 47 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de 10 % des maladies respiratoires dans la région métropolitaine de Montréal, l’événement vise à inciter la population à changer ses habitudes de déplacements en faveur des modes de transports collectifs et actifs.

[…]

Montréal a déjà fait son choix et s’inscrit dans ce mouvement en participant avec succès depuis sept ans à la journée En ville sans ma voiture ! Montréal, la plus petite des grandes métropoles du monde, peut gagner ce pari de sensibilisation populaire. En s’offrant une ville sans voitures, l’espace d’un jour, la population active du centre-ville entre dans le rêve d’une ville d’avenir éco-responsable.

[…]

La congestion continue de croître à Montréal comme dans les autres grands centres urbains de la planète. En plus des problèmes rencontrés dans les différents points d’accès à l’île de Montréal, le centre-ville fait aussi l’objet d’une congestion de plus en plus importante.

Dans ce contexte, ce secteur de la ville revêt une importance symbolique : le centre-ville est le cœur de l’activité économique de Montréal et l’un des plus importants points de convergence vers les lieux d’emploi et d’étude dans la région métropolitaine.

Notons que cette journée internationale concernera chez nous les villes de Montréal et de Québec, cette dernière ayant inscrit l’événement dans sa Semaine des transports collectifs et actifs (STCA), une autre émergence de cette tendance positive à reprendre la ville aux autos. En passant, les concepts de transports collectifs et actifs méritent qu’on y réfléchisse, car il y a probablement dans cette collectivité et dans cette activité les germes des solutions à beaucoup de nos problèmes…

Rendez-vous donc du 16 au 22 septembre à Québec pour la STCA 2009, et le 22 septembre à Québec et à Montréal pour En ville sans ma voiture !