L’ère des aménagements urbains

22 Nov

Un article du Soleil relayé aujourd’hui par Cyberpresse confirme la tendance : si on ne parle encore nulle part au Québec de code de la rue, le dossier des aménagements urbains est actif dans la plupart des villes.

L’article de Samuel Auger dresse un portrait de la situation actuelle et ne se contente pas de souligner les avantages de ces programmes, dont le but est de réduire la vitesse automobile. Certains inconvénients sont également signalés, notamment le coût énergétique et matériel des fameux dos d’âne…

Une citation de Jean-Marie De Koninck, président de la Table québécoise de la sécurité routière, me paraît très représentative de la lente évolution des mentalités : « […] il y a une autre approche, qui est de plus en plus populaire, c’est celle de créer un environnement favorable à la non-vitesse. Un environnement visuel qui fait en sorte que le conducteur va être moins enclin à rouler vite. Il va se sentir un petit peu insécure. Il y a moyen de changer cet environnement-là, cette perception-là dans la tête des automobilistes, en changeant l’environnement routier.»

Si ce message prend forme dans l’asphalte de nos rues, il y a de grandes chances que les autos ralentissent et que le progrès s’accélère…

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Vélo + hiver + Montréal

18 Fév

Traditionnellement, ce blogue connait chaque hiver un ralentissement – pour ne pas dire une hibernation – parce que la cause des piétons et des cyclistes est, comme on dit, sur la glace.

Pourtant, toute l’activité extérieure de nos villes ne meurt pas en novembre pour renaître en avril : l’hiver, les piétons piétonnent et les plus courageux cyclistes parcourent les rues glaciales à leurs risques et périls.

Dans la rubrique Opinions du portail Branchez-Vous!, la journaliste indépendante Cécile Gladel relance ce matin le débat sur le cyclisme urbain en hiver, s’appuyant sur plusieurs faits concrets qui prouvent la volonté qu’ont certains mordus de pédaler en toutes saisons… et leur frustration de ne pas pouvoir le faire, tant à cause de l’inadaptation des infrastructures que de l’immobilisme des mentalités.

À Montréal, la pratique sécuritaire du vélo en hiver est-elle un mythe? Probablement pas, si les chaussées sont déneigées, si la largeur des rues permet de côtoyer les autos, si la température n’est pas extrême, si les cyclistes et leurs montures sont correctement équipés, si les automobilistes les distinguent… et ne s’amusent pas à tester leur stabilité, si les pistes cyclables sont dégagées (ce qui n’est pas le cas actuellement)… Presque autant de si que d’incompréhension mutuelle entre les usagers munis d’un moteur et leurs homologues à pédales.

Malgré tout, plusieurs milliers de Montréalais parcourent quotidiennement leur ville à vélo, et pas seulement par de belles journées comme ce 18 février.

J’attire en particulier votre attention sur cet article du Devoir qui compare Montréal à Copenhague, une autre ville nordique, en matière de désautomobilisation urbaine. Il y a probablement de l’inspiration à chercher de ce côté-là.

Bonne fin d’hiver, avec ou sans moteur!


Le code de la rue prend forme à Strasbourg

21 Nov

L’édition régionale du quotidien français Libération nous apprend aujourd’hui que Strasbourg, une ville de 280 000 habitants déjà qualifiée de première ville cyclable de France, est sur le point d’adopter le code de la rue.

Présenté par le maire socialiste, le projet en est à son ultime phase d’étude et de nombreuses propositions originales ont déjà été envisagées. L’article ne précise pas la date de décision, mais il est clair que la cause avance. Il faut noter que Strasbourg est une ville d’histoire, et que la favorisation des modes de transport « doux » s’inscrit aussi dans le souci de valorisation du patrimoine.

Nous garderons donc un œil sur ce qui se passe chez nos camarades alsaciens…


Vers un nouveau partage

15 Oct

cyclistes

Alors que l’été semble se terminer abruptement, on ne peut que constater à quel point cette saison de cyclisme urbain a été d’une grande richesse en événements de tous genres. En fait, pour recentrer sur Montréal un phénomène national et même mondial, de nombreux signes prouvent que le vélo prend une nouvelle place dans les villes et que ce phénomène trouve de plus en plus d’appuis parmi ceux qui les façonnent et les administrent. La force du nombre.

Début août, le mythique magazine branché américain Wired se demandait si les vélos devaient vraiment être traités comme les autos, en ville.

Posée sans complexes, la question est scrutée par Wired sous plusieurs angles et engendre des réflexions qui feront grincer des dents aux défenseurs du code-pour-tous :

« Il a été observé que les feux et les panneaux de circulation ne devraient pas s’appliquer aux cyclistes, dans la mesure où ce ne sont pas des inventions liées à la sécurité mais à la fluidité du trafic, particulièrement du trafic motorisé. Puisqu’une bicyclette, conduite avec prudence et jugement, ne saurait créer d’embouteillages, il en découle qu’elle ne devrait pas avoir à obéir à ces ordres de circulation. À part pour ce qui est de rouler du bon côté de la chaussée, pourquoi les cyclistes devraient-ils se plier à la loi des automobiles ? »

Pour en revenir à une vision montréalaise du partage de la rue entre les vélos et les autos, je vous recommande l’écoute de cette intervention radiophonique de François Cardinal (La Presse) dans l’émission de René Homier-Roy. Entre autres choses, le journaliste remet en perspective le mythe du cycliste comme cause fréquente d’accidents.

Rappelons que, l’an dernier, un groupe de 200 cyclistes liés au mouvement Montréal à vélo avait manifesté de manière spectaculaire contre la violence et l’omniprésence de l’automobile, mimant en plein centre-ville la mort de leur communauté.

Ailleurs, on pointe du doigt les structures inadéquates, comme c’est le cas de la piste cyclable de la rue Saint-Urbain ou de celle du pont Jacques-Cartier, où de nombreux accidents traduisent l’urgence d’adapter convenablement les parcours – j’en profite pour saluer mon amie Sandra qui garde les marques d’un périple estival traumatisant !

En restant dans ce même secteur, je passe rapidement sur le cas du circuit Gilles-Villeneuve pris puis rendu aux cyclistes au début de l’été.

Hors des consultations publiques sur l’avenir du vélo urbain, certains Montréalais se sont même laissé aller à imaginer de nouvelles façons de valoriser le plan de la ville en y traçant de nouvelles pistes. C’est le cas de mon ami Sébastien Chion, qui a soumis ce dossier aux différents partis municipaux montréalais et à Équiterre, en espérant que sa suggestion soit sérieusement considérée.

Nous vivons sans aucun doute un cap de l’histoire de nos villes, une prise de conscience qui modifiera la donne pour les décennies à venir en remettant en avant tout ce que l’hégémonie automobile avait peu à peu occulté. Pour ne parler que de la place du vélo, des solutions toutes neuves surgissent de partout et font parfois irruption dans la vraie ville. New York – qui connait son lot de défis en matière de circulation – ne vient-elle pas d’inaugurer une piste cyclable en plein milieu d’une avenue très fréquentée ?


La « Sainte-Cath » aux piétons

17 Sep

piétons

C’est le scoop du jour de La Presse : la rue Sainte-Catherine devrait devenir piétonne entre l’avenue Papineau et la rue De Bleury. Le bilan de la piétonnisation du tronçon Berri-Papineau, évoqué sur ce blogue en mai, fait état d’une satifaction globale des commerçants, des résidents et des touristes. C’est bien sûr une excellente nouvelle pour tous ceux qui espèrent retrouver un centre-ville à visage humain.

Bien entendu, la proximité des élections n’est pas étrangère à cette annonce, mais il faut reconnaître qu’elle s’inscrit dans une tendance générale qui dépasse largement l’échelle de notre île…

D’autre part, une étude dévoilée récemment par le maire Tremblay confirme la faisabilité et la rentabilité d’un réseau de tramway à Montréal, une autre façon intéressante de garantir l’accès au centre-ville tout en réduisant la présence automobile.