La « Sainte-Cath » aux piétons

17 Sep

piétons

C’est le scoop du jour de La Presse : la rue Sainte-Catherine devrait devenir piétonne entre l’avenue Papineau et la rue De Bleury. Le bilan de la piétonnisation du tronçon Berri-Papineau, évoqué sur ce blogue en mai, fait état d’une satifaction globale des commerçants, des résidents et des touristes. C’est bien sûr une excellente nouvelle pour tous ceux qui espèrent retrouver un centre-ville à visage humain.

Bien entendu, la proximité des élections n’est pas étrangère à cette annonce, mais il faut reconnaître qu’elle s’inscrit dans une tendance générale qui dépasse largement l’échelle de notre île…

D’autre part, une étude dévoilée récemment par le maire Tremblay confirme la faisabilité et la rentabilité d’un réseau de tramway à Montréal, une autre façon intéressante de garantir l’accès au centre-ville tout en réduisant la présence automobile.

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Journée – et semaine – En ville sans ma voiture !

8 Sep

EVSMV

Organisée par l’Agence Métropolitaine de Transport, la septième édition de la journée En ville sans ma voiture ! aura lieu le mardi 22 septembre. Le thème de l’année est « Bienvenue dans la ville sans voitures », et l’événement s’est doté d’un jovial porte-parole en la personne de l’humoriste Laurent Paquin.

La philosophie de cette journée est tellement proche de ce qui sous-tend le code de la rue que je ne pouvais la passer sous silence. En fait, je ne résisterai même pas à la tentation de vous livrer des extraits de la mission, telle qu’on peut la détailler sur le site officiel :

L’objectif est de favoriser une réflexion commune et de contribuer à faire changer durablement les comportements en faveur de modes de transports collectifs et alternatifs.

Les transports étant responsables de 47 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de 10 % des maladies respiratoires dans la région métropolitaine de Montréal, l’événement vise à inciter la population à changer ses habitudes de déplacements en faveur des modes de transports collectifs et actifs.

[…]

Montréal a déjà fait son choix et s’inscrit dans ce mouvement en participant avec succès depuis sept ans à la journée En ville sans ma voiture ! Montréal, la plus petite des grandes métropoles du monde, peut gagner ce pari de sensibilisation populaire. En s’offrant une ville sans voitures, l’espace d’un jour, la population active du centre-ville entre dans le rêve d’une ville d’avenir éco-responsable.

[…]

La congestion continue de croître à Montréal comme dans les autres grands centres urbains de la planète. En plus des problèmes rencontrés dans les différents points d’accès à l’île de Montréal, le centre-ville fait aussi l’objet d’une congestion de plus en plus importante.

Dans ce contexte, ce secteur de la ville revêt une importance symbolique : le centre-ville est le cœur de l’activité économique de Montréal et l’un des plus importants points de convergence vers les lieux d’emploi et d’étude dans la région métropolitaine.

Notons que cette journée internationale concernera chez nous les villes de Montréal et de Québec, cette dernière ayant inscrit l’événement dans sa Semaine des transports collectifs et actifs (STCA), une autre émergence de cette tendance positive à reprendre la ville aux autos. En passant, les concepts de transports collectifs et actifs méritent qu’on y réfléchisse, car il y a probablement dans cette collectivité et dans cette activité les germes des solutions à beaucoup de nos problèmes…

Rendez-vous donc du 16 au 22 septembre à Québec pour la STCA 2009, et le 22 septembre à Québec et à Montréal pour En ville sans ma voiture !


La route nue, une autre approche

22 Juil

shared space

C’est grâce à un documentaire sur le comportement des automobilistes que j’ai entendu parler du concept de shared space, dont la traduction semble être route nue, si j’en crois Wikipédia.

L’idée est très simple. On enlève toute la signalisation, et on laisse les automobilistes, les piétons, les cyclistes, les motocyclistes et les conducteurs de poids-lourds en revenir à une valeur un peu archaïque : le bon sens. Il s’agit d’abord de rétablir le rôle du contact visuel, un paramètre crucial en matière de sécurité, mais dont les panneaux et les feux de circulation nous détournent souvent.

L’un des intérêts de ce principe, c’est de remettre en question la signalisation telle que nous la connaissons, c’est-à-dire basée sur la multiplication des ordres : ne dépassez pas telle vitesse, restez dans votre file, arrêtez-vous, cédez le passage, etc. En se débarrassant de tous ces signes – particulièrement nombreux en ville – on oblige donc les usagers à faire appel à des ressources beaucoup plus intuitives et à renouer avec un certain degré de civisme.

Le documentaire (en anglais) ci-dessous explique le concept et montre sa mise en application en Europe, où il fait l’objet d’une étude à grande échelle.

Introduction to Shared Space Part 1 / Part 2

Malgré ce qu’on pourrait penser a priori, ça fonctionne. Toutes les villes où la route nue s’est fait une place – en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, au Danemark, en Suède, au Royaume-Uni, en Australie et en Floride – ont noté une baisse très significative du nombre d’accidents. Évidemment, avant d’adopter de telles dispositions, il faudrait évaluer dans quelle mesure les mentalités de chaque pays sont compatibles avec la sorte de négociation silencieuse qu’impose cette déréglementation…

Une autre question est laissée en suspens : comment les représentants de la loi peuvent-ils sanctionner un automobiliste qui irait trop vite ou forcerait le passage ? Quelle est la place de la loi dans cet espace partagé ?

Comme le code de la rue, la route nue constitue une modification les codes urbains visant la réappropriation des zones de circulation par les humains. Il y a certainement des idées à prendre là-dedans.


Broadway… sur Sainte-Catherine !

28 Mai

Sainte-Catherine

Pour faire suite au précédent billet, prenez note que les Montréalais aussi pourront avoir dès aujourd’hui un aperçu de l’ambiance d’une rue commerçante rendue aux piétons. Pour la deuxième année consécutive, la très populaire rue Sainte-Catherine sera fermée au traffic automobile entre Berri et Papineau, et ce jusqu’au 8 septembre.

Hormis les quelques efforts d’adaptation (livreurs, riverains, etc.), l’opération a donné des résultats positifs en rendant le secteur plus accueillant aux piétons de toutes sortes, et en favorisant les commerces concernés.

L’arrondissement prévoit une batterie d’activités pour tous les âges et tous les goûts, et ne manque pas de souligner l’aspect écologique de cette décision.

Parallèlement, on attend toujours des nouvelles de la piétonnisation définitive de la rue du Mont-Royal que cet exemple pourrait inspirer.

Ce qui pourrait sembler être une expérience touristique, puisqu’elle ne concerne pour l’instant que la période estivale, est-elle un signe de changement pour nos villes ? Sortirait-on du paradigme désuet selon lequel là où l’automobile n’accède pas, il n’y a pas de vie ?

Allez marcher sur la «Sainte-Cath Est», cet été, et vous verrez que la vie n’a jamais été aussi présente.