Les deux sécurités

27 Nov

securite

Un rappel toujours utile : il existe deux types de sécurité.

Même si on ne les a pas appris, les concepts de sécurité active et passive sont simples à se représenter. Et contrairement à ce que semble penser la version française de Wikipédia, ils ne sont pas réservés aux automobiles. Au contraire, la sécurité est une question collective et universelle qui lie les piétons aux cyclistes, les chauffeurs de poids lourds aux patineurs, les joggeurs aux motocyclistes, les cavaliers aux personnes en fauteuil roulant, etc.

La sécurité est active lorsqu’elle vous sert à éviter les accidents, passive quand elle vous permet de vous en remettre sans trop de mal. Pour les besoins de la démonstration, je ne retiendrai que les trois types d’usagers les plus… sensibles.

L’automobiliste est, de très loin, le mieux nanti. En matière de sécurité active, il dispose de nombreux équipements, tels que les suspensions, les pneus, les feins, les phares et autres dispositifs lumineux, les rétroviseurs, les essuie-glace, et même l’avertisseur sonore. La sécurité passive n’est pas en reste : habitacle renforcé, pare-chocs, pare-brise sécurisé, ceintures de sécurité et coussins gonflables n’ont d’autre but que d’adoucir les chocs.

Et le cycliste ? Eh bien il n’a d’actif que les pneus et les freins de son vélo, parfois équipé d’une sonnette, rarement d’un rétroviseur. Et des phares dont l’objectif n’est pas d’éclairer mais plutôt d’être vu la nuit. Son seul passif est son casque… quand il le porte.

Je vous propose maintenant un jeu instructif : nommez un seul élément de sécurité, active ou passive, du piéton.

Pas facile, hein ?


Des BIXI au printemps !

25 Nov

BIXI

C’est officiel depuis septembre : Montréal aura son Vélib’, je veux dire son système de vélos en libre-service. Officiellement, 2 400 vélos seront mis à la disposition du public dans 300 stations réparties majoritairement dans les arrondissements de Rosemont–La Petite-Patrie, le Plateau-Mont-Royal et Ville-Marie, en débordant dans Outremont et Le Sud-Ouest. Bien sûr, les vélos passeront l’hiver au chaud et disparaîtront de nos rues entre la mi-novembre et la mi-avril.

Le nom de ce service ? BIXI, un nom dérivé des mots BIcyclette et taXI, choisi après consultation publique.

Particularité locale, c’est Michel Dallaire qui a été chargé de concevoir l’engin, et le designer industriel s’est choisi des partenaires de choix : l’équipe des cycles DeVinci, spécialistes québécois du vélo de performance. Le résultat est assez innovateur, avec un design très sobre, un cadre en alu, la chaîne et le câblage dissimulés, et des réglages robustes. Le processus de conception et de fabrication a d’ailleurs fait l’objet d’une reportage fort intéressant à Découverte.

Les BIXI et leurs bornes de stationnement sécurisées sont d’ailleurs tellement révolutionnaires qu’ils ont attiré l’attention jusqu’à New York, où l’on cogite également sur le développement du cyclisme urbain.

Un principe éprouvé dans les rues d’Europe, de belles machines, des tarifs abordables, les BIXI montréalais sont donc promis à un bel avenir. Toutefois, il faut tenir compte du fait que le bassin de clientèle est relativement réduit. Enlevez les mineurs, les aînés et tout ceux dont la condition physique est incompatible avec le maniement des vélos, enlevez ceux qui sont déjà cyclistes et préféreront utiliser leur propre monture. Ne restent que les visiteurs, les promeneurs et les cyclistes occasionnels.

À suivre au printemps prochain…


Le code de la rue sur Facebook

21 Nov

Facebook
La cause du code de la rue à la sauce québécoise défendue sur ce blogue existe également sur Facebook, sous la forme d’un groupe dont la croissance laisse croire que l’idée répond à une réelle attente.

Au plaisir de vous y retrouver !


L’exemple belge

21 Nov

Le code de la rue belge

À ma connaissance – et j’aimerais assez être contredit sur ce point – la Belgique est le seul pays a avoir propulsé un code de la rue jusqu’au plan législatif. L’ensemble des dispositions, en application depuis 2003, peut être consulté dans un document largement diffusé dans le Plat pays, ainsi qu’en ligne, sous forme d’un PDF (voir la page des liens)

Saluons au apssage l’effort du législateur pour rendre ce projet réellement accessible à ceux à qui il est destiné… c’est-à-dire tout le monde.

On y trouve l’exposé de nouveaux aménagements urbains qui pourraient laisser perplexes l’usagé non averti : zones de rencontre, trottoirs traversant, coussins, sens uniques limités et autres panneaux fraîchement ajoutés au code de la route. Suivent les comportements attendus selon les catégories d’usagers : le conducteur, le piéton, le patineur à roulettes et son ami en trottinette, le cycliste, le cyclomotoriste (une espèce enfin en voie de développement chez nous), et le motocycliste. On peut imaginer que les conducteur de bus et autres professionnels du volant ont eu droit à leur propre briefing.

Attention toutefois aux quelques différences de vocabulaire, charmantes mais pas toujours limpides pour nous ! Personnellement, j’adopte volontiers l’appellation d’usager doux, mais le capitaine de route me laisse songeur…

En tout cas, ce document est la meilleure des preuves pour qui douterait de la faisabilité d’un code de la rue en 2008.


Lettre à nos élus

20 Nov

klaxon

Peu expérimenté en matière de prise de parole publique, je n’ai pas de liste des dirigeants à contacter en cas d’idée porteuse. Mon bon sens m’a donc poussé à envoyer une lettre (virtuelle) dont le contenu était proche du manifeste du code de la rue (agrémenté d’un appel à l’action), aux personnes suivantes :

Julie Boulet, ministre provinciale des transports ;
John Baird, ministre fédéral des transports ;
Gérald Tremblay, maire de Montréal ;
Régis Labeaume, maire de Québec ;
Le service à la clientèle de la SAAQ.

(si vous avez d’autes suggestions de destinataires, mon stylo virtuel est prêt)

Une semaine, deux réponses.

Le maire de Québec en personne, me gratifie de la brève suivante :

J’accuse réception de votre courriel  du 13 novembre et je vous en remercie. Soyez assuré que je prends bonne note de vos commentaires.

Thérèse Marion, du service des usagers de la route de la SAAQ, m’explique en quatre paragraphes la mise en œuvre du Plan d’action en sécurité routière 2008-2012, me rassure sur son engagement actif, et me remercie.

Tout ceci est admirable mais ne remplace pas un code de la rue. Évidemment, l’idée est encore fraîche.

Je mettrai à jour le blogue au gré des réponses qui me seront faites…


Le manifeste du «code de la rue»

18 Nov

code de la rue
Mi-novembre 2008, automne frette à Montréal, fin de la saison de vélo pour beaucoup de Québécois des villes et des champs, début officiel de l’opération «code de la rue».

C’est en tant que simple citoyen que je me lance dans ce projet. N’appartenant à aucune chapelle, à aucun club, à aucun parti, à aucun syndicat, je défends cette cause en Montréalais conscientisé, cycliste urbain depuis une bonne quinzaine d’année, piéton depuis toujours, usager régulier des transports en commun, automobiliste de temps en temps, et même motocycliste dans une vie précédente…

Dans mes trajets à vélo, je constate chaque jour l’incompréhension qui oppose les diférents usagers de la rue : les autobilistes face aux cyclistes et aux piétons, les piétons face aux cyclistes, les cyclistes face au monde entier, sans parler des minorités roulantes que sont les patineurs, les planchistes, les poids lourds, les engins de chantier et de déneigement. À croire qu’en changeant de moyen de transport, l’homo-urbanus passe dans un univers étanche qui reformate son comportement selon des valeurs nouvelles. Côté entente et respect mutuel, ce ne sont pas les meilleures bases.

En évoquant ce dialogue de sourds sur un forum avec d’autres cyclistes, j’ai eu accès à ce texte de Nathalie Collard dans La Presse, intitulé Lâchez les cyclistes. J’entendais parler pour la première fois du code de la rue, un dispositif législatif et social qui semblait offrir une réponse intéressante au problème.

Wikipédia résume ce code, en vigueur en Belgique depuis 2003, en quatre principales dispositions :

  • l’obligation de prudence du plus fort vis-à-vis du plus faible. Ainsi, le camion doit adapter sa vitesse à l’approche d’une voiture, la voiture à l’approche d’un vélo et le vélo à l’approche d’un piéton.
  • les trottoirs traversants, qui font monter les automobiles lors d’un croisement plutôt que de faire descendre les piétons sur la chaussée.
  • les sens uniques limités, permettant aux vélos de circuler dans les deux sens dans une rue à sens unique pour les automobiles.
  • la prise en compte des engins de déplacement (rollers, trottinettes, etc.), qui doivent suivre les règles des piétons s’ils restent à la vitesse du pas ou les règles des cyclistes lorsqu’ils dépassent cette vitesse.

Constatant que personne ne semblait avoir poussé l’idée d’une adaptation de ce code à la réalité d’ici, je me suis dit qu’il fallait bien commencer quelque part pour que l’idée ait une chance de se transformer en action. Ce quelque part est donc ici, sur ce modeste blogue.

Vous pourrez consulter le manifeste de cette nouvelle cause sur cette page, et puisque ce blogue est conçu pour recueillir vos opinions, je vous invite chaleureusement à y exprimer votre avis !